Ginger Hell

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« Pascale Guinet habituée à se créer des avatars (Daisy, la pin-up, ou encore Charles Monroe, une bimbo-gothic, pendant féminin de Marilyn Manson), endosse une nouvelle identité, celle de Ginger Hell, tatoueuse de son état. Mais contrairement à ses autres personnages ce n’est pas la représentation de sa nouvelle héroïne qu’elle met en scène, mais les créations artistiques de celle-ci qui trônent fièrement dans sa nouvelle boutique. Car comme toute tatoueuse qui se respecte, Ginger Hell est aussi artiste. Ce n’est certes pas un pinceau qu’elle tient entre ses doigts pour réaliser ses œuvres mais bien son outil fétiche, qu’elle utilise tous les jours dans son métier, un dermographe. Avec sa technique si particulière et unique, ses dessins sont proches des dentelles découpées au laser à la précision chirurgicale sensible, ce qui lui permet étonnamment d’établir une correspondance évidente avec ses inspirations. Puisant dans les vanités anciennes ou contemporaines et plus précisément dans la figure du crâne, elle s’acharne à représenter cette absence-présence qui nous obsède tous car jouant son rôle de miroir, il nous force à engager un dialogue avec nous même. Objet de fascination, les boites de Ginger Hell / Pascale Guinet, le sont tout autant que son sujet. Noires, comme les clichés morbides attachés au crâne mais aussi lumineuses quand illuminées elles se révèlent à nous aux profit d’un hymne à la vie. Ces «reliques» transcendent la question du néant et reflètent notre éternel regard béant sur le vivant. Parce que « D’ailleurs, c’est toujours les autres qui meurent » dixit Marcel Duchamp. »

John NAVARRO